14-18 : 22e REGIMENT D'INFANTERIE TERRITORIALE

 

 

J. Valentin

[1874 Lailly en Val (45) – 1930 Bayeux (14)]

 

Classe 1894 (20 ans) - (Paris, 2e Bureau)

01/11/1898 : Militaire de réserve (Employé de banque dans le civil) à CAEN [24 ans].

15 Juin 1916 à 15 Février 1917 : Bataille de Verdun

            - XI° Corps d'Armée de l'Armée Française (Général De Maud'huy)

                                - 82° division d'infanterie coloniale

                                        - 22e Régiment d'Infanterie Territoriale (Lieutenant Colonel LAULHIER)
 

J'ai en ma possession un Diplôme relatif à sa participation à la Bataille de Verdun dont il est revenu sans une égratignure avec les seuls 19 autres survivants de son régiment !

EXTRAITS de l'HISTORIQUE du Régiment (Imprimerie Wolf ; Rouen) du 12 Juin au 15 Février 1917 :
         Le 22e régiment d’infanterie coloniale (22e RIT ou RIT) est une unité de l'armée française. Il se constitue à Rouen du 3 au 8 août 1914, et ensuite à Oissel du 9 au 16. Il est constitué à 3 bataillons et s'embarque en chemin de fer à Rouen le 17 août 1914.

 

- 12 juin : Occupation des tranchées de soutien nord nord-est de Verdun (secteur de Bras, Froide-Terre, Belleville, Souville et Tavanes) et du ravitaillement en vivres et munitions et de la réfection des tranchées et de l'entretien des routes avancées de la zone de combat (Verdun, Froide-Terre, Thiaumont, Fleury-Douaumont, Bras, Ravin du Helly).

- 23, 24 et 25 juin 1916 : le régiment qui occupe les tranchées de premières lignes, prend part aux combats de Froide-Terre et des Quatre-Cheminées.

- 27 septembre 1916 : le lieutenant-colonel PILLON est tué par un obus dans son poste de commandement à Beleycourt.

- 1er novembre : le lieutenant-colonel LAULHIER, venant du 26° Territorial, prend le commandement du 22° Territorial.

- 14 novembre 1916 : les sous-lieutenants DAIRE, MOREAU et GALETTE COURSAULT, sont tués à leur poste de combat devant Verdun ; le sous-lieutenant BERTHAUD, blessé en même temps, meurt de ses blessures, le 19 novembre, à l'hôpital de Troyes.

Le régiment arrivé en juin 1916 dans le secteur de Verdun est relevé le 14 février 1917, après un dur et long séjour de 8 mois. Il a été employé sans répit aux travaux les plus pénibles, sous tous les bombardements, dans les postes les plus avancés, sur les terrains les plus difficiles.

 

Le bilan des pertes sous Verdun est de : 5 officiers tués, 12 blessés ; 64 hommes tués et 340 blessés.

 

En exécution de la note 13.300 du 12 juin 1918 du G.Q.G., le 22° Régiment Territorial est dissous.

L'Etat-Major, la CHR et le 2° bataillon sont versés le 1er juillet au 73° Régiment Territorial d'Infanterie, et le 1er bataillon réparti entre les 7° et 90° RIT.

Le 2° bataillon, la compagnie II. R. et l'Etat-Major quittent Ivors et Cuvergnon le 24 juin pour Lizy-sur-Ourcq où a lieu la dislocation du Régiment.

 

La Bataille de Verdun

Février à Décembre 1916 : la plus sanglante bataille de la Première Guerre Mondiale, où les Français résistèrent victorieusement aux plus grandes offensives allemandes menées en direction de Verdun sur les 2 rives de la Meuse (Douaumont, Vaux, cote 304, Mort-Homme)

 

L’attaque allemande commence le 21 février 1916 dans le but d’enfoncer le front à Verdun et aller vers Paris, en isolant les armées françaises du front nord. Du 21 février au 15 décembre 1916, 378 687 soldats français sont tués, blessés ou portés disparus à Verdun. Les pertes allemandes s’élèvent à environ 335 000 hommes. Ce fut un gigantesque charnier où l'on suffoqué par l’odeur qui s’en dégageait. À perte de vue, on trouvait des cadavres.
De nombreux corps de soldats ne seront jamais identifiés sur cette terre meusienne devenue paysage lunaire après dix mois d’incessants bombardements d’artillerie. L’armée française avait à Verdun, 1 700 canons dont 1 200 de 75 mm. Les Allemands, 2 200 pièces dont 1 730 lourdes, y compris des engins de 380mm et de 420mm.
On enjambait les morts : les ravins étaient complètement labouré par les obus. Il y a des trous de cinq et même de dix mètres de largeur remplis de cadavres. Un obus tombe en plein sur une section : dix blessés du même coup et quinze morts qui voltigent dans les airs. Des quartiers de cadavres s’abattent de tous côtés.

La célèbre côte 304 va perdre jusqu'à sept mètres pour ne plus culminer qu’à 297 mètres à cause de cent vingt coups à la minute, ce qui fait cinquante mille obus en six heures ! Les bataillons, se préparant à monter au front, perdent le tiers de leurs effectif, victimes d’obus allemands avant même de pouvoir combattre. Les affrontements d’infanterie sont également meurtriers. Sur un régiment, on recense mille morts en une journée !
Les conditions de vie sont terribles et l’eau rare. Le front n’est large que de 25 km et la plus profonde avance allemande n’est que de 8 km.
À la fin de la bataille, les positions reviendront presque à leur point de départ.

 

Mais le mot d’ordre « Ils ne passeront pas » sera respecté et l’armée française émergera meurtrie mais victorieuse.
Verdun est une référence morale où des anciens combattants paraîtront s’excuser d’en avoir été absents.

 

Tanchée à Verdun (1916)

 

Il a reçu 1 médaille :

- Croix de Guerre avec 1 étoile (1914-1917).

 

 

 

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